Canicule historique : les éleveurs de volaille mettent tout en œuvre pour protéger leurs animaux mais s'attendent à des conséquences importantes
Face à un épisode caniculaire d’une durée et d’une intensité historiques, dépassant les 40 °C dans plusieurs régions, les éleveurs de volailles sont pleinement mobilisés sur le terrain pour protéger leurs animaux. Ils mettent tout en œuvre pour préserver les meilleures conditions de confort possibles à leurs volailles.
« Il faut tout d’abord savoir que la volaille est un animal qui ne possède pas de système sudoripare, c’est-à-dire qu’elle ne transpire pas. Elle évacue donc la chaleur en respirant par le bec. C’est pourquoi elle a une grande sensibilité à l’augmentation des températures : plus il fait chaud, plus son rythme respiratoire s’accélère. » précise Dominique Balloy, vétérinaire.
Si les élevages ont des configurations diverses, leur objectif est identique : limiter au maximum le stress thermique des volailles face à un épisode de chaleur d’une intensité exceptionnelle.
Dans les élevages en poulaillers à ambiance contrôlée, notamment en production de volaille du quotidien, les installations sont désormais majoritairement équipées de systèmes de ventilation, de brumisation, de refroidissement, afin d’aider les animaux à réguler leur température. Il est à noter qu’au cours des dix dernières années, les professionnels ont en effet massivement investi pour moderniser leurs élevages ou en construire de nouveaux, équipés de ces systèmes.
Dans les élevages où les animaux sortent à l’extérieur, les éleveurs ouvrent complètement leurs poulaillers et ajoutent des ventilateurs.
De plus, les professionnels adaptent l’alimentation des volailles le matin et le soir en évitant les heures les plus chaudes, afin de limiter le surcroît calorifique lié à la digestion. En parallèle, les volailles continuent de bénéficier en permanence d’eau à volonté, complémentée en vitamines, plantes et minéraux pour les soutenir durant cette période.
Les éleveurs sont tous extrêmement vigilants : ils augmentent la fréquence de leurs passages dans les poulaillers. Ils passent plusieurs fois par jour et par nuit pour constater directement l’état de santé de leurs animaux ainsi que le bon fonctionnement de leurs équipements afin d’ajuster leurs actions. Limiter la mortalité au sein de leurs poulaillers constitue leur priorité absolue.
Si des animaux meurent, ils les extraient de l’élevage et les stockent temporairement sur place, dans leurs unités à froid négatif prévues à cet effet, et travaillent avec les autorités compétentes pour trouver une solution adaptée à leur prise en charge.
En cas de saturation des circuits d’équarrissage, des solutions exceptionnelles sont mises en place sous le contrôle des services de l’État. Elles peuvent notamment consister à organiser une reprise différée par l’équarrissage, à recourir à un stockage réfrigéré ou congelé prolongé, ou, lorsque cela est autorisé, à procéder à un enfouissement encadré, avec ajout de chaux, sur des sites validés. Ces décisions ne relèvent pas des seuls éleveurs : elles sont prises en lien avec les autorités compétentes afin de garantir la sécurité sanitaire et environnementale.
Communiqué de l'Interprofession ANVOL
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