L'information élevage par l'Alliance Pastorale

Haemonchose et myiases cutanées à surveiller cet été

Situation sanitaire Juin / juillet 2026


Comme le montrent les autopsies de printemps ainsi que les examens coproscopiques, les jeunes animaux ont été soumis à un risque saisonnier de téniasis non négligeable.

Comme nous le voyons sur les résultats de copro, de l’été dernier, ce risque va persister encore plusieurs mois ; il faudra donc rester vigilant et renouveler les traitements contre le ténia et en particulier

- sur les agneaux qui seront rentrés pour finition : l’élimination des parasites permettra une meilleure valorisation de la ration ;

- sur les agnelles de renouvellement dont il faut préserver la croissance.


(cf Bulletin de l'Alliance N°978 - Juillet-Août 2026)

Haemonchose

Le risque de strongylose le plus important en été, en particulier si le temps est orageux, est celui de l’haemonchose (strongylose de la caillette par Haemonchus) : 

Haemonchus est visible à l’oeil nu dans la caillette (photo). Il mesure de 15 à 35 mm de long et présente un tube digestif rougeâtre.

Son cycle de développement est particulièrement rapide quand les températures atteignent 22/25°C : 3 jours pour passer des L1 en L3 et s’emballe en cas d’orages après une période un peu sèche. Les larves L4 et L5 sont hématophages. Les femelles adultes sont particulièrement  prolifiques : elles pondent 5 à 10 millions d’œufs par jour et un ovin peut excréter 15 à 30 millions d’œufs par jour. L’infestation des pâtures est favorisée par des agnelages au champ en l’absence de traitement avant mise bas (parturiente rise), un long séjour sur une même parcelle du couple mère/agneau, le sevrage des agneaux (stress).

Les signes apparaissent le plus souvent d’abord sur les agneaux puis sur les adultes. 

La forme suraiguë se traduit par des mortalités sans signes préalables lors de déplacements forcés si l’infestation est massive.

La forme subaiguë se traduit par une anémie intense (pâleur des muqueuses), fuite protéique (œdème sous-glossien), une perte d’appétit, la prostration puis la mort.

Ces signes cliniques résultent d’une gastrite irritative (lésions par les pièces buccales des larves) et une spoliation sanguine importante (hématophagie), les pertes pouvant être de 150 à 200 ml de sang par jour en cas d’infestation importante.

Le traitement et la maîtrise de cette helminthose peuvent relever du défi à cause d’une part de l’influence des conditions météo sur le rythme d’infestation, et d’autre part des résistances acquises par Haemonchus à certaines molécules.

Il est donc recommandé d’utiliser des molécules rémanentes afin d’essayer de prévenir plutôt que de guérir : le closantel ou la moxidectine. La forme longue action de la moxidectine est particulièrement intéressante en cas de risque très important sur une exploitation. Si l’infestation est déjà importante avec des signes cliniques, on utilisera préférentiellement de l’ivermectine, de la doramectine ou du monépantel.

Attention, ces molécules présentent peu ou pas de rémanence.


Lexique parasitisme interne


Myiases cutanées

Autre risque important en été : les myiases cutanées (lésions causées par le développement de larves de mouches sur ou dans la peau).

Deux espèces rencontrées : Lucilia sericata et Wohlfahrtia magnifica avec des localisations préférentielles différentes. Lucilia sur les zones lainées, Wohlfarhtia sur des zones peu ou non lainées (pieds, vulve, fourreau, tête et conduit auditif).


Prévenir les myiases

La première prévention est de gérer les causes attirant les mouches adultes : 

- plaies, suintements, macérations

- boiteries

- écoulements vulvaires


La deuxième prévention se fera avec des : 

- insectifuges à base de plantes, par exemple TIKEPUCE ELEVAGE, SOLIBIANCE, CIGENAT,

- insecticides : deltaméthrine (pour on ou en aspersion) ou phoxim (en aspersion),

- inhibiteurs du développement des larves de mouches (dicyclanil spray on, en adaptant la dose à la mouche ciblée).



Christelle Dubois Frapsauce
Dr Vétérinaire

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