L'information élevage par l'Alliance Pastorale

Une météo qui favorise le risque parasitaire

Situation sanitaire Avril/Mai 2026

Par rapport à la période d’avril à juin 2025 qui couvrait les résultats de 13 départements, les analyses coproscopiques effectuées du 11 mars au 10 avril 2026 proviennent de 7 départements seulement, ce qui rend la comparaison des résultats et leur extrapolation plus aléatoire pour d’autres régions. Il est possible que cette faible participation soit liée à la situation météorologique du mois de mars 2026, aux températures plutôt douces et favorables aux travaux dans les champs.

Toutefois, une météo clémente favorise également le risque parasitaire !


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Ainsi, les cas d’haemonchose = strongles de la caillette sont déjà apparus en avril 2026 : même s’il peut s’agir de levée d’hypobiose (des larves enkystées dans la muqueuse intestinale peuvent se réactiver lors de baisse d’immunité consécutive par exemple à une mise-bas), il est impératif de surveiller de près cette pathologie.


Attention : 

Sur le terrain, l’on constate une augmentation des cas de résistance des strongles gastro-intestinaux aux molécules actives de la famille des avermectines (ivermectines, doramectine) et milbémycines (moxidectine). Les résistances, d’apparition progressive, se développent depuis quelques années, mais peuvent prendre du temps à être constatées car l’impact du parasitisme sur le cheptel au début peut ne pas être suffisant pour alerter éleveurs, techniciens et vétérinaires.

L’impression que le produit de traitement est moins efficace doit conduire à tester rapidement la molécule active pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. 


Il convient de mener l’essai en deux temps :

  • effectuer une coproscopie AVANT le traitement afin de déterminer quantitativement l’excrétion d’œufs de strongles par les brebis : idéalement, la prise de 15 échantillons individuels permet d’obtenir une moyenne d’excrétion du lot intéressante d’un point de vue statistique.
  • effectuer une coproscopie de contrôle APRÈS le traitement, sur les mêmes animaux que lors de la première coproscopie. Pour ne pas fausser le résultat et donc les conclusions à en tirer, l’attente d’une quinzaine de jours de délai entre le traitement et la seconde coproscopie permet :

- de ne pas détecter les œufs émis juste avant traitement et présents dans le tube digestif des animaux au moment du traitement : ces œufs seront éliminés dans les excréments de façon naturelle par le transit intestinal.

- de ne pas détecter les œufs qui apparaîtront à la suite d’une ré-infestation par les strongles après traitement, surtout dans le cas d’un test d’activité de molécules non rémanentes.


Si la présence d’œufs est avérée sur la coproscopie de contrôle, la suspicion de résistance est confirmée : un protocole de traitement doit alors être mis rapidement en place en accord avec le vétérinaire pour tenter de sauver la molécule en balance, en éliminant les strongles porteurs de la résistance par utilisation raisonnée des autres familles de molécules actives contre les strongles.



En cette fin de printemps, il convient :
• de surveiller les cheptels de ruminants à l’herbe par rapport aux strongles de la caillette et aux strongles gastro-intestinaux qui ont démarré fort ce printemps,
• de surveiller l’apparition des cas de myiase,
• ainsi que de traiter les brebis avant la mise en éponge en cas de petite douve.



Pour une bonne efficacité des traitements, il faut :

  • bien choisir la molécule active : il n’existe pas de produit miracle traitant tous les parasites ! De même, les résistances sont nombreuses, en particulier concernant les strongles gastro-intestinaux. N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire spécialisé, qui vous conseillera le produit adéquat.
  • ne pas sous-évaluer le poids des animaux à traiter : ce problème concerne en premier lieu les lots hétérogènes ainsi que les brebis en fin de gestation. Or un traitement sous-dosé n’élimine pas le parasitisme, et augmente le risque d’apparition des résistances !


ALLOTER LES ANIMAUX ET TRAITER AVEC LE BON PRODUIT À LA BONNE DOSE !



Intoxication par le troène Ligustrum vulgare (L.) Kuhn


Commun en France comme dans le reste de l’Europe et en Asie occidentale, le troène pousse de préférence dans les terrains calcaires plutôt secs, dans de nombreux milieux de plaine jusqu’en montagne à une altitude de 800 m, notamment en lisières de forêt, sous-bois, clairières, et prairies. Il est également beaucoup planté dans les parcs et jardins, parfois en sujet isolé, mais surtout pour former des haies car il supporte plutôt bien la taille. 


De la famille des Oléacées, c’est un arbrisseau pouvant atteindre 5 mètres de haut. Les feuilles sont entières, opposées, de forme lancéolée, à pétiole court et de couleur vert foncé brillant : bien que caduques, elles ont tendance à persister sur les branches en début d’hiver. Les fleurs apparaissent entre mai et juillet selon les régions : de couleur blanche, parfumées, leurs corolles forment des entonnoirs à 4 lobes. Elles sont regroupées en panicules (= inflorescence en grappe) denses à l’extrémité des rameaux, pouvant eux aussi persister en début d’hiver. Les fruits se développent en fin d’été et début d’automne : ce sont des baies de 6 à 8 mm de diamètre, d’un noir brillant, constituées de 2 à 4 graines contenues dans deux loges entourées d’une pulpe rouge amère.


Toutes les parties de la plante sont toxiques. A côté des tanins (arbre) et saponosides (baies) contenus dans le troène, le risque est lié à la présence d’alcaloïdes (ligustrine, syringoside). L’intoxication intervient en général par consommation des feuilles et rameaux chez les herbivores (ruminants, équins), soit par consommation au pâturage (plante présente dans les haies) ou lorsque des déchets de taille sont mis à disposition des animaux. L’intoxication chez le chien et l’être humain, en particulier les enfants, survient principalement lors de l’ingestion des fruits.


La toxicité chez l’animal 

En général, chez les herbivores, le troène provoque des cas d’intoxications plutôt faibles à modérés. La sévérité de l’intoxication et la mortalité sont liées à la quantité ingérée en fonction du temps. 


Symptomatique possiblement observée :

• Hyperthermie pouvant aller jusqu’à 41°C.

• Troubles digestifs : hypersialorrhée (= hypersalivation), douleurs abdominales, in-rumination, vomissement, coliques et diarrhée.

• Troubles cardio-respiratoires : tachypnée (respiration accélérée) et/ou dyspnée (trouble du rythme respiratoire), tachycardie (accélération du rythme cardiaque), muqueuses congestionnées.

• troubles neurologiques : mydriase (pupilles dilatées), ataxie (trouble de l’équilibre), parésie des postérieurs, décubitus, convulsions allant jusqu’au coma et à la mort.

L’intoxication peut conduire à la mort en 48 heures dans les cas graves.


La toxicité chez l’humain 

Elle dépend de la quantité de baies ingérées :

• Symptômes apparaissant dès 2 à 3 baies chez l’enfant : sensation de brûlure dans la bouche, puis douleur abdominale, vomissement important, diarrhée pouvant être profuse. Démangeaison cutanée et faiblesse musculaire peuvent accompagner les symptômes digestifs.

• Symptômes apparaissant dès plus de 5 baies chez l’enfant : atteint rénale, convulsions et troubles cardio-respiratoires allant jusqu’au collapsus, avec persistance des symptômes pendant plusieurs semaines.

• L’ingestion de 30 baies chez l’enfant conduit à une grave intoxication.

Le contact avec la plante peut aussi provoquer des dermites.


Diagnostic chez les herbivores : 

par l’anamnèse, la présence de la plante dans la pâture ou le foin.


Traitement  : symptomatique

- Suppression de la consommation de la plante.

- Charbon végétal, argile.

- Analeptiques cardio-respiratoires.

- Anti-inflammatoires.


Pronostic

Le pronostic est réservé, même en cas d’amélioration de l’état dans un premier temps après traitement.



Prévention

• Supprimer l’accès aux haies et sous-bois par clôture permanente ou temporaire (électrique).

• Limiter le temps de pâturage sur des parcelles contenant la plante en cas de sécheresse et de disette, pour éviter le contact avec l’arbuste.

• Éviter la distribution de déchets de taille aux herbivores.

• Supprimer l’accès aux tas de compost si les déchets de taille y sont jetés.

• En cas de randonnée équine, ne pas laisser les animaux consommer la plante !

• Éviter la consommation des baies par les enfants et/ou les animaux domestiques !



Maya DIEHL - Dr Vétérinaire