Effet du changement climatique sur le parasitisme en ovin

Ces dernières années, les impacts des bouleversements climatiques se traduisent par des épisodes caniculaires et des sécheresses sévères avec des orages violents et par des hivers doux. Des conséquences commencent à se ressentir directement ou indirectement sur la santé des animaux et leur bien-être dans les élevages ovins.   

Des risques d’extension de maladies émergentes commencent à apparaître, comme cette année 2025 avec des épizooties telles que la FCO, la MHE et la dermatose nodulaire contagieuse des bovins. Sans oublier la répercussion du changement climatique sur les ressources alimentaires. Le manque d’alimentation et de minéraux affaiblit l’immunité des animaux.


Effet  du changement  climatique sur le parasitisme en ovin

Les effets de la température et de l’humidité sur le cycle de vie du parasite


1. Effet des températures

Pour rappel, les strongles gastro-intestinaux, dans leur cycle de vie, ont besoin d’eau et de chaleur pour se développer. Le froid prolongé peut faire diminuer la population de L3 des strongles, tandis que la sécheresse freine leur développement. Avec des conditions climatiques normales, les deux pics de développement de L3 se situent en fin de printemps et en automne.

 


2. Effet des précipitations et de l’humidité 

La grande douve et le paramphistome sont des parasites des zones humides, dont le cycle de développement passe par un hôte intermédiaire : les limnées, qui vivent dans ces milieux.  


     


                                                           

Les effets du changement climatique 

Sur les parasites internes

  • La hausse des températures et des orages favorisent le développement et la survie des stades libres des parasites (œufs, larves) dans l’environnement.
  • Les parasites tropicaux ou subtropicaux, comme les strongles de la caillette, risquent de s’étendre vers des zones tempérées avec l’augmentation des températures.
  • Les hivers plus doux réduisent la mortalité hivernale des larves dans les pâturages et favorisent la persistance accrue des infestations.
  • Une humidité élevée et des pluies fréquentes sont des conditions idéales pour le développement, la survie et la migration des larves sur l’herbe.
  • Les zones semi-arides peuvent connaître une augmentation saisonnière imprévisible des parasitoses.
  • L’augmentation de la pluviométrie favorisera la multiplication des mollusques. Les inondations augmentent leur dispersion dans les pâturages, ce qui entraîne une hausse des risques d’infestations de trématodes (douves et paramphistomes).


Sur les parasites externes

  • L’augmentation de la température rend le cycle de développement de la mouche plus rapide : sa durée est réduite à seulement 8 jours à 30 °C.
  • Des étés plus longs et plus chauds et des hivers plus doux augmentent les taux de survie, la croissance et la reproduction des tiques.
  • Pour les insectes, êtres vivants à sang froid, la température de leur organisme est liée à celle de leur environnement. En cas de refroidissement atmosphérique, leurs fonctions vitales se ralentissent, puisque leur hémolymphe s’affaiblit. Avec l’augmentation des températures, leur organisme assure correctement les différentes fonctions vitales (croissance, déplacements, reproduction et alimentation).


Quelles sont les conséquences engendrées ? 

  • Augmentation des infestations parasitaires (surtout strongyloses gastro-intestinales).
  • Anémie, retard de croissance, baisse de production laitière et de viande, avortements et augmentation des mortalités chez les jeunes.
  • Risque accru de résistance aux antiparasitaires, car les traitements deviennent de plus en plus fréquents.
  • Le stress thermique associé au parasitisme peut engendrer des affaiblissements immunitaires.
  • Extension des maladies vectorielles par les insectes et les tiques du sud vers le nord (exemples : babesiose, anaplasmose, fièvre catarrhale, fièvre de la vallée du Rift, fièvres hémorragiques, etc.).


Quelles sont les stratégies à adopter ?

  • Surveillance épidémiologique pour les maladies à transmission vectorielle (cartographie des risques).
  • Gestion des pâturages (rotation, repos des parcelles).
  • Sélection génétique des ovins résistants aux parasites.
  • Traitement ciblé, basé sur des analyses coproscopiques, et utilisation raisonnée et alternée des antiparasitaires.
  • Mise en place d’alternatives comme la gestion du pâturage tournant ou parcellaire.
  • Apport alimentaire et minéral bien équilibré et suffisant, associé à une bonne gestion du stress thermique pour renforcer l’immunité.
  • Adaptation des pratiques d’élevage : faire rentrer les animaux dans des bâtiments adaptés pendant les fortes chaleurs et constituer des stocks alimentaires de sécurité en cas de sécheresse.  


En conclusion

Le changement climatique tend à amplifier la pression parasitaire chez les ovins, en allongeant les périodes favorables aux parasites et en élargissant leur aire de répartition. Cela nécessite une adaptation des pratiques d’élevage et une surveillance renforcée pour limiter les pertes économiques et sanitaires.