Les causes d’avortements chez les ovins

Les causes d’avortement chez les ovins peuvent être variées et liées à plusieurs facteurs.   

 

- Soit elles sont dues à des agents infectieux ; les premières causes les plus fréquentes sont généralement dues à : Chlamydia abortus,  Coxiella burnetii (fièvre Q), Toxoplasma gondii et Salmonella abortus ovis et on pourra ajouter le Campylobacter fœtus considéré comme la quatrième cause d’avortement en Angleterre et au Canada qui la considèrent parmi les plus importantes zoonoses. En France, on ne recherche que très rarement cette dernière.


- Soit elles sont dues à des stress environnementaux ou de gestion d’élevage (nutritionnel ou de conditions d’élevage). Elles peuvent être dues à la génétique ou liées à des infestations parasitaires. 

Les causes  d’avortements  chez les ovins

Qu’est ce que l’avortement ?    

L’expulsion d’un fœtus ou d’un animal mort-né ou succombant dans les douze heures suivant sa naissance, à l’exclusion des avortements d’origine manifestement accidentelle, est considérée comme un avortement selon le Code Rural.

Dans le cadre réglementaire, l’éleveur doit faire sa déclaration des avortements à son vétérinaire sanitaire en vue du dépistage de la brucellose à partir de 3 avortements en moins de 7 jours.


Conduite à tenir en cas d’avortement

L’avortement chez les ovins est considéré comme une pathologie majeure à cause de son impact sanitaire sur le troupeau, d’où une conduite à tenir vis-à-vis du troupeau et aussi de l’intervenant, pour éviter la transmission de zoonoses :

  • Port de gants lors des interventions, éviter l’exposition des personnes les plus fragiles. 
  • Isolement de l’avortée, de l’avorton et du placenta du reste du troupeau et ne pas faire adopter des agneaux par des femelles ayant avorté. Évacuer les agents contaminants (placenta, fœtus et la litière souillée) dans un sac en plastique étanche. Bien refermer et l’évacuer via l’équarrissage.
  • Réaliser une analyse de l’eau s’il y a présence de contaminants et contrôler l’alimentation pour détecter l’éventuelle présence de moisissures ou de mycotoxines, des ensilages mal conservés. Observer l’environnement des bâtiments à la recherche de marques de nuisibles qui peuvent contaminer l’alimentation et l’eau (rats, ragondins par exemple).  
  • Contacter votre vétérinaire sanitaire. 
  • Le recueil des commémoratifs par le vétérinaire : Le recueil des commémoratifs permet d’avoir des renseignements pour orienter la recherche de l’agent causal. Par exemple le stade d’avortement, s’il y a des signes cliniques et épidémiologiques, voire s’il y a eu un achat récent d’animaux sans statut sanitaire.
  • Faire des analyses de laboratoire pour la recherche de l’agent responsable.



Tableau comparatif sur les avortements permettant d’aider à orienter les analyses du laboratoire



Mesures de prévention

1. A l’achat d’animaux : demander des garanties sur le statut sanitaire (voire, un cheptel vacciné). 

2. Mise en quarantaine : isoler les animaux achetés du reste du troupeau.

3. Maîtriser le parasitisme interne et externe du troupeau. 

4. Éviter les stress sur des femelles en gestation en limitant les manipulations et leur transport en fin de gestation.

5. Maintenir l’hygiène des points d’eau. 

6. Maîtriser la population de chats et de rongeurs.

7. Ramasser et éliminer les produits de mise-bas (placenta) et les placer hors de portée des animaux domestiques (chiens, chats).

8. Maîtriser la conservation des fourrages et de l’ensilage et contrôler les aliments (céréales).

9. Placer un pédiluve à l’entrée des bâtiments d’élevage.


Prévention médicale

Penser à la vaccination contre les maladies abortives sur les agnelles de renouvellement (vaccin contre la toxoplasmose, chlamydiose et fièvre Q).